Transmission 2017-07-27T09:19:37+00:00

Enseignement de la contrebasse
Claude Tchamitchian

Concept pédagogique

Préambule : un enseignement adapté à chacun
Avant toute orientation d’enseignement, il s’agit d’identifier les besoins de chaque musicien. Cette identification se fait à travers l’échange verbal et à travers une « mise en jeu » de l’élève.

Le corps et la respiration
Il est fondamental, particulièrement avec la contrebasse, de prendre conscience de son corps et de sa respiration avec l’instrument. L’un et l’autre se prolongent dans celui-ci et sont déterminants pour le son, le jeu et l’assise rythmique ou mélodique.
Certaines impossibilités ou difficultés techniques peuvent se résoudre simplement en modifiant le positionnement du corps et en libérant certaines tensions ou blocages corporels. De même un travail sur la respiration peut, à lui seul, totalement libérer le jeu d’un musicien.

Les techniques de jeux
Trop souvent, les contrebassistes ne développent que les techniques de jeux propres au style musical dans lequel ils évoluent, sans jamais aborder d’autres langages/techniques. Nous chercherons donc à enrichir ces moyens d’expressions indépendamment de toute question de style, permettant ainsi d’ouvrir et de libérer la pensée musicale, gage d’évolution pour le jeu de tout un chacun.

Elargir la pensée
J’ai remarqué, au travers de demandes récurrentes, que les différents cursus d’enseignements ne sont peut-être pas assez ouverts ni tout à fait au courant des très riches possibilités de la contrebasse d’aujourd’hui. Il me semble essentiel de privilégier l’ouverture à ces langages et à l’étude des moyens nécessaires à leur utilisation pour donner à l’élève une plus grande liberté. Il obtiendra ainsi la possibilité de dépasser certains clivages préétablis en élargissant sa culture musicale et sa pratique instrumentale.

Chercher les solutions en soi-même
– Ouvrir l’élève à ses propres ressources (corps, souffle, techniques, imaginaire, culture…) et l’inciter à les explorer. L’inciter également à avoir confiance en soi en acceptant sans craindre le regard extérieur. Pour ce faire, il faudra d’une part apprendre comment mieux exploiter ce qu’on possède déjà et d’autre part apprendre à l’interroger et à le remettre en question. Il est primordial d’exploiter son potentiel de composition/improvisation, même si ce n’est pas le but recherché par l’élève, car cette pratique permet de dégager une méthode et des moyens pour enrichir son expression propre au lieu de chercher « ailleurs » ce qu’on ne sait pas avoir « en soi ».
– L’écoute et la pratique collective dans l’apprentissage
– Les cours/ateliers se passent en présence de tous les élèves, chacun s’enrichissant du/au travail de l’autre soit dans les moments de travail « individuel » soit dans les pratiques collectives.

Contenu pédagogique

1- Travail sur le solo
Ce travail me semble très important car, même si l’élève ne devait jamais se produire en solo, ce « laboratoire intime » est un préalable déterminant à toute création sur l’instrument dans les autres contextes que connaitra l’élève. Certaines découvertes et certains problèmes ne se trouvent ou ne se résolvent que seul. On travaillera donc sur :
– exploitation et extrapolation d’un matériau musical défini : comment questionne-t-on une idée, une phrase musicale ?
– développer une idée : quel vocabulaire, quels matériaux, quels langages possibles ?
– inventer son propre langage en re-questionnant ses propres ressources ; en re-questionnant les basiques de l’instrument ( open-tuning, double arco, inversion des cordes…). Oublier pour mieux chercher, redevenir débutant…

2- Les techniques
– positionnement corporel et respiration
– archet français/allemand/double archet
– techniques de pizz : travail MD, tapping ? Percussions MD/MG
– techniques arco : travail sur le plain chant et les harmoniques, naturelles ou artificielles. Saturation acoustique, jeu sur la corde « semi-appuyé », sons aléatoires….
– prise de son : synchronisation MD/MG

3- Le rythme
– le rythme et la respiration
– travail sur les clivages rythmiques pairs/impairs. Mises en jeu de différentes cellules rythmiques pour développer l’indépendance, la mémorisation et la combinaison de plusieurs clivages.
– travail sur la « double pensée » : comment percevoir une proposition rythmique et juxtaposer la sienne propre de façon à créer un discours complémentaire et non-bloquant..

4- Le corps collectif : développer le corps collectif grâce au corps individuel
– le positionnement dans un groupe/orchestre
– la prise et la projection du son
– la conscience de l’espace à occuper/libérer
– construire une ligne de basse, questionner le rythme et l’orchestre, développer l’interaction.

Périodicité et destinataires
– Ateliers de 2/3 jours à raison d’1 atelier par trimestre
– Contrebassistes confirmés issus de tous genres musicaux: classique/jazz/traditionnel/contemporain…)
– 5 à 6 élèves par atelier.