Transmission 2017-12-20T14:42:01+00:00

Enseignement de la contrebasse
Claude Tchamitchian

Concept pédagogique

Pour Claude Tchamitchian enseigner c‘est d’abord s’adapter. Identifier les besoins du musicien face à lui, afin de trouver les moyens qui lui permettront de réellement se « mettre en jeu ».

Cela passe pour l’élève par la nécessaire prise en considération de son corps ainsi que de sa façon de respirer avec l’instrument. Prendre conscience que la contrebasse n’est rien d’autre que le prolongement de sa personne dans ce qu’elle a de plus physique est déterminant dans la fabrique du son ainsi que dans l’affermissement de l’assise rythmique. Il suffit parfois de modifier un tant soit peu le positionnement du corps ou de prendre conscience de sa respiration dans l’instant du jeu pour libérer certaines tensions et résoudre ainsi des difficultés techniques apparemment insolubles.

Ces bases acquises viennent ensuite les questions concernant à proprement parler les techniques de jeux. Trop souvent les contrebassistes ne développent leur technique que dans le cadre restreint du style musical dans lequel ils s’expriment. Enrichir ces moyens d’expressions indépendamment de toute question de style, c’est permettre à la pensée musicale de s’ouvrir et de se libérer. Pour Claude Tchamitchian initier l’élève à des cultures et des langages différents est la condition sine qua non pour lui permettra in fine d’éprouver sa liberté en élargissant le champ de sa pratique instrumentale.

Mais le grand principe sur lequel Claude Tchamitchian fonde l’essentiel de sa pédagogie consiste à placer l’étudiant en situation de chercher les solutions en soi-même. L’ouvrir à ses propres ressources (corps, souffle, techniques, imaginaire, culture…) ; l’inviter à en explorer toutes les dimensions ; lui permettre ainsi d’avoir confiance en soi en acceptant le regard d’autrui : tels sont les objectifs majeurs de son enseignement.

Comment mieux exploiter ce qu’on possède déjà ? Comment interroger son savoir et le remettre en question ? Pour répondre à ces questions fondamentales Tchamitchian invite l’élève à travailler son propre potentiel en matière de composition et d’improvisation de façon à dégager une méthode qui lui permettra d’enrichir son expression propre au lieu de chercher « ailleurs » ce qu’on ne sait pas avoir « en soi ».

Informations & renseignements

Françoise Bastianelli
06 88 06 10 58
mail

Contenu pédagogique

Même si l’élève par la suite ne devait jamais plus se produire en solo, Claude Tchamitchian tend à privilégier cette pratique dans son enseignement, la considérant comme un authentique « laboratoire intime » et le préalable indispensable à toute création sur l’instrument. Il invite donc l’élève seul avec sa contrebasse à exploiter un matériau musical défini en l’invitant à mettre concrètement en pratique les grands questionnements auxquels tout musicien se trouve un jour confronté. Qu’est-ce que développer une idée musicale ? Quel vocabulaire, quels matériaux, quels langages utiliser ? Comment se renouveler en questionnant ses propres ressources ? Comment trouver des solutions en modifiant son approche des basiques de l’instrument (open-tuning, double arco, inversion des cordes…) ? Comment oublier son savoir pour mieux chercher de nouvelles solutions ? Comment finalement redevenir débutant ?

Mais pour autant Claude Tchamitchian ne fait bien entendu pas l’impasse sur un enseignement purement pratique des grandes techniques de bases de l’instrument :
– positionnement corporel et respiration
– archet français/allemand/double archet
– techniques de pizz : travail MD, tapping ? Percussions MD/MG
– techniques arco : travail sur le plain chant et les harmoniques, naturelles ou artificielles. Saturation acoustique, jeu sur la corde « semi-appuyé », sons aléatoires….
– prise de son : synchronisation MD/MG

Il poursuit et affine son approche de l’instrument par une analyse poussée du rythme dans tous ses états, interrogeant
– le rythme et la respiration
– le travail sur les clivages rythmiques pairs/impairs, mettant en jeu différentes cellules rythmiques pour développer l’indépendance, la mémorisation et la combinaison de plusieurs clivages.
– le travail sur la « double pensée », cherchant à faire entendre à l’élève comment percevoir une proposition rythmique et juxtaposer la sienne propre de façon à créer un discours complémentaire et non-bloquant…

Enfin, son enseignement se développe jusqu’à interroger la notion de « corps collectif » et son articulation avec le corps individuel du musicien. Pour ce faire il met en lumière des problématiques comme :
– le positionnement dans un groupe/orchestre
– la prise et la projection du son
– la conscience de l’espace à occuper/libérer
– la façon de construire une ligne de basse, de questionner le rythme et l’orchestre, de développer l’interaction.

Périodicité et destinataires
– Ateliers de 2/3 jours à raison d’1 atelier par trimestre
– Contrebassistes confirmés issus de tous genres musicaux: classique/jazz/traditionnel/contemporain…
– 5 à 6 élèves par atelier.